Tendre Carcasse Arthur Perole, parole parole.
- barakjean
- 17 nov. 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 nov. 2023

"Tendre Carcasse"
Les deux danseuses et les deux danseurs son seuls, enfermés dans leur for intérieur et leurs états d'âme, leurs petits riens qui sont leurs pires soucis au centre du monde: leur "Je" adolescent. Ils se racontent devant leur miroir, celui du quatrième mur. Leurs paroles se croisent, se chevauchent, jamais ils ne s'écoutent ni ne se répondent. Ce sont des statues de sel qui insensiblement s'animent, mimant vaguement leurs propres mots ou les mots de l'autre. Comme si leur corps était indépendant de leur psyché, qu'il n'y eut pas encore de l'un, ni même de l'autre.

Vacuité
Il faut accepter l'apparente vacuité du propos, l'incommunicabilité de ces êtres si proches et pourtant si seuls, et la lenteur. Cette tendre carcasse tient plus du théâtre expérimental que de la danse, ou alors de la non danse. Mais qui en détient le code et les canons?
D'autant qu'à notre époque surexitée et frénétique, des voix s'élèvent -de plus en plus nombreuses- pour chanter l'éloge de l'ennui et sa nécessité, quand à ce point le fond de l'air effraie.
Ces maux ne surgissent pas de rien, ils sont l'air du temps qui se dérègle et se dégrade.

Explosion
Puis ça les prend, la frénésie d'une sorte de rave party, comme une urgence à s'agiter jusqu'à l'épuisement de ce trop plein d'énergie comprimée par la violence du covid, ce confinement imposé aux jeunes qui ne risquaient pas grand chose pour sauver des vieux qui mourront de solitude. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Ceux qui se sont ennuyés fermes de la banalité du discours et de la non danse, pour peu qu'ils se soient laisser gagner par cette torpeur qui les a anesthésiés, seront d'autant plus surpris par la frénésie du final furieusement techno. Comme ce sont des danseurs de haut niveau, ils courrons comme des dératés, en rond peut-être, mais c'est l'exiguité du plateau qui veut ça.
L'émotion à peine contenue, les danseurs auront tout donné, le public qui n'y a pas du tout été indifférent leur a fait une ovation.

Photos et commentaire Jean Barak
avec Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Elisabeth Merle, Agathe Saurel, à partir de paroles d'adolescentes et adolescents.
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