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Aux "Elancées", les "cultureux" font de la résistance

Dernière mise à jour : 18 mars 2021

Les vingt-troisièmes "Elancées" de "Scènes et Cinés" -sur le territoire de l'Ouest Etang de Berre- ont bien eu lieu à Istres, Fos, Miramas, Cornillon, etc.

"Brut" de Marta Torrents


De l'essentiel


Comme tous les secteurs "non essentiels", c'est à dire tout sauf l'alimentaire les sex-shops et les lieux de cultes -il faut bien que l'âme et le corps exultent- la culture est à la peine. On aura beau objecter que le virus a été diffusé en France à partir de la réunion d'une secte évangélique à Mulhouse, que jamais on n'a identifié l'ombre d'un foyer d'infection issu du spectacle vivant, il faut bien faire quelque chose. Sinon, on aura beau jeu de nous dire qu'on ne fait rien. Donc on s'agite dans tous les sens, on discoure, on affole les populations, on menace, on interdit, on protocolise, on confine, on éructe, on verbalise, mais on fait. Beaucoup. Qu'importe si c'est n'importe quoi. Quoique: combien de croyants votent bien, combien d'athées vouent ce gouvernement "ni à gauche ni de gauche" aux gémonies?

Dis moi pour qui tu votes, je te dirais quelle marge de liberté je t'accorde. Ou pas.



"Brut"


Culturo-gauchistes


Il fallait s'y attendre: comme la faculté a ses "islamo-gauchistes", c'est du moins ce que dit la ministre, la culture a ses propres gauchistes. "La sébile dans une main et le cocktail Molotov dans l'autre", rien de nouveau sous le soleil. Privé de leur culte, les cultureux maintiennent les manifestations culturelles, même sans public. Un peu comme dans le film "Timbuctu" où la partie de football se joue sans ballon pour faire la nique aux islamistes, ou encore les parpaillots au désert. Rappelons qu'islamo-gauchiste est une insulte inventée par l'extrême droite, qu'elle n'a aucune validité scientifique, mais nous approchons des élections, on se bouscule sur le trottoir, nous sommes désormais gouvernés par des "ressentis" et des "présupposés". Islamo-gauchiste et culturo-gauchiste, c'est comme judéo-bolchévique: tous les juifs sont communistes et tous les communistes sont juifs. Il suffit de lire le Protocole des Sages de Sion pour s'en convaincre. Peu importe que ce soit un faux, il n'y a pas de fumée sans feu, de bonne ou de mauvaise foi, l'important c'est d'avoir la foi. Au demeurant, rappelons que l'athéisme et l'agnosticisme ne sont pas des positions philosophiques scientifiquement étayées mais des religions négationnistes, c'est donc parole contre parole, la "Fille Ainée de l'Eglise" a choisi son camp. La ministre de la Culture ne s'est pas encore prononcée contre le culturo-gauchisme, mais nous gardons l'espoir.



"Brut"


Le Festival des Elancées


Il va de soi que sans public, l'ambition du Festival a été drastiquement réduite, seules sont restées les créations en résidence des "petites" compagnies régionales. Les compagnies étrangères ont toutes dû annuler, sous la menace de confinement obligatoire voire de fermeture de frontières. Pour autant, c'est un pari sur l'avenir. Ouvertes aux professionnels, programmeurs, journalistes, vidéastes et photographes, ces représentations en petit comité permettent de soutenir la création, les compagnies, et d'imaginer des jours meilleurs, où le public reviendrait. Non qu'il ait déserté, tant s'en faut, mais il est interdit.

Les professionnels auront donc pu découvrir de la danse, avec la Compagnie "Jupon", Laurence Marthouret, et des "pointures" comme Hervé Koubi, Hamid Ben Mahi, Emmanuel Gat ou Josette Baïz, du cirque avec le Compagnie Sôlta, Marta Torrents, Sylvain Julien, etc.


"Brut"


"Brut" de Marta Torrents est, comme c'est devenu coutumier, au croisement du théâtre, du cirque, et de la danse. Tous les ingrédients sont là, de qualité, portés avec ferveur par ses quatre acteurs. Mais la mayonnaise tarde à prendre, les séquences se succèdent sans qu'on ne trouve le fil conducteur. L'émotion est palpable, mais on ne la partage que fugitivement. Comme un spectacle vivant est en perpétuel devenir, toutes les conditions sont réunies pour qu'il évolue favorablement.

C'est la difficulté des spectacles pour enfants, on tente de se mettre à leur niveau supposé, de faire pédagogique, alors qu'ils sont des êtres d'émotions, celles que les adultes ont réprimées. Alors souvent, on se rate et on les rate.




Inventaire


Non que la pédagogie soit à bannir, pour être résolument didactique l'inventaire de Josette Baïz se découvre avec plaisir, porté avec brio par Lola Couguard qu'on a connu bébé dans le groupe Grenade, et Joffrey Piberne qui a rejoint la Compagnie en 2016.


Claricello


Un spectacle de clowns musiciens, ou de musiciens clownesques, très riche musicalement et visuellement.



Avec les "Nouveaux Nez et Compagnie" Alain Reynaud met en scène ses clowns ardéchois dument diplômés du Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne, trois lutins musiciens qui surgissent de leurs boites à musique. Une initiation -l'air de rien- à la musique classique, en direct, vivante, facétieuse.




Emanuel Gat versus Hip Hop


Chorégraphe invité par des compagnies prestigieuses du monde entier, en résidence à Istres depuis 2008, Emanuel Gat n'est pas un inconnu. Il crée "Yooo!!!" en 2019 à Chaillot, son premier spectacle en direction du jeune public, avec de très jeunes danseurs de hip hop. Partant du principe de la "battle", assaut singulier de virtuosité, il les amènera à évoluer à l'amble, vers une chorégraphie interactive.

Sur les traces de Josette Baïz, Blanca Li, Pierre Rigal, un passage obligé dans l'air du temps.


Ces Elancées dans un contexte de "guerre" à la culture, mais pas qu'elle, sous la menace d'un virus qui devient d'autant plus efficace et adapté qu'on le contient longtemps, auront eu l'immense mérite d'exister. A priori, les vaccins sont en route, et en attendant la prochaine pandémie, tous les espoirs sont permis d'un retour à la vie vivante. A ce jour, même violentée de toute part, la démocratie n'est pas encore explicitement remise en cause.

A Dieu et nos Ediles ne plaise.


Photos et commentaires Jean Barak



Emanuel Gat "Yooo!!"


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© 2020 par Jean BARAK Reporter Photographe

 

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