top of page

Rencontres Internationales de la Photographie, Arles 2023

Dernière mise à jour : 17 juil. 2023

La mort annoncée de la photographie.

Les Rencontres d'Arles aujourd'hui se déclinent entre la Fondation LUMA, le In, et le Off.

Les milliardaires, les millionnaires, et les fauchés.

Si vous allez aux rencontres d'Arles, n'oubliez pas la Fondation LUMA, centre d'Art Contemporain.

Il y a une très belle salle consacrée à la projection sur un écran de planches du Rorscharch. Soyez prudents, ça peut provoquer des hallucinations.


LUMA


Il aura fallu des années pour bâtir cette tour prestigieuse, qui pourrait apparaître comme un chef d’œuvre de l'inutile si elle n'habitait trois étages de bureaux et de salons VIP, une terrasse à la vue imprenable, une salle de conférence et quatre étages de salles dédiées aux expositions. Sans oublier une réhabilitation à grand frais des ateliers abandonnés de la SNCF.

On retiendra comme il se doit l'exposition de Diane Arbus, photographe américaine célèbre pour ses portraits en noir et blanc. Exposition très exhaustive, impressionnante, une page d'histoire de la photographie.



Comme ce sont des américains, aucune photo du lieu n'est autorisée, on ne sait jamais, ou on ne sait que trop. On ne leur apprendra pas à faire des grimaces. Quoique remarquablement mal éclairée malgré une scénographie très inventive, on ne peut pas penser à tout. On aura sans doute économisé sur l'éclairagiste ou sur la compétence.

Une grande exposition photo et vidéo "underground" en sous-sol rappelle un épisode "oublié" du racisme d'état ordinaire, quand les esclaves étaient importés du Maghreb et de l'Afrique Sub-saharienne par les patrons mais privés de droits par la République.



C'est le syndrome de Spartacus, même les esclaves tôt ou tard se soulèvent. 70 ans après, il suffit d'une balle -pas perdue pour tout le monde- pour que tout s'embrase à nouveau. On se croirait transportés dans l' Amérique raciste du "Chien Blanc" de Romain Gary. En physique, plus on comprime violemment un corps solide, plus il a tendance à revenir de même à son état initial, on nomme ce phénomène "résilience". Plus on comprime un corps social... Ce concept a de l'avenir.

Une autre exposition tourne autour d’Agnès Varda et de ses installations cinématographiques. Une bénédiction pour les passionnés.



Le reste de la tour est un éloge du vide, avec un escalier monumental et des toboggans pour les enfants de tous les âges. Arriver à faire exister le vide aussi fort, c'est un authentique exploit architectural. Magistral.



Les Ateliers


Aux Ateliers nous oublierons la Nouvelle Vague de Dior, ou comment faire du nouveau avec des concepts, la Méthode du Discours a remplacé le Discours de la Méthode. Ils sont nés vieux ou le choix est biaisé. Il suffit de visiter à deux pas l’exposition de l'École de la Photographie toute récente où on enseigne et expose les nouvelles technologies, mais peut-être plus la photographie.

Aux Ateliers il reste un espace pour les "Rencontres de la Photographie", avec les photos d'une Amérique triste à mourir, celle de Juliane Hiam. Le rêve américain est mort, l'Amérique est un décor d'Edward Hopper. Les œuvres sont très construites, les lieux sont désolés, un personnage est là, dans cette vacuité.


Juliane Hiame, fragment de "Woman in Bathroom", (le décor autour du modèle est rendu illisible par les reflets sur la vitre de la photographie).


Juste à côté nous apprendrons que la photographie est morte, aux dires de la brésilienne Rosangela Renno, qui n'en fait pas ou en détourne. Elle affiche un mur entier de cartes postale évoquant la chute de l'Union Soviétique à travers l'accumulation des statues de Lénine en format carte postale. Nous porterons le deuil avec elle, mais nous y reviendrons ultérieurement à travers d'autres expositions du In et du Off.



Hannah Modigh à la Chapelle des Trinitaires


Photos et commentaires Jean Barak




Comentários

Avaliado com 0 de 5 estrelas.
Ainda sem avaliações

Adicione uma avaliação

© 2020 par Jean BARAK Reporter Photographe

 

  • w-facebook
  • w-flickr
bottom of page